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 Une racine parle pays...

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Brann
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MessageSujet: Une racine parle pays...   Jeu 29 Sep - 8:19




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MODOMIX ACTUALITE
BRETAGNE ERIK MARCHAND MUSIQUE MODALE

Erik Marchand, aventurier des musiques perdues
28/09/2011

Pour le Festival d'Ile de France, le chanteur breton hyperactif prépare un nouveau spectacle : "La légende perdue". Il nous a parlé de ce projet qui réunit des musiciens d'horizons très différents à la recherche d'une musique qui aurait pu exister ...

Pourquoi ce titre, « La légende perdue » ?


Erik Marchand : En fait, ce pourrait être « La légende de la musique perdue ». Le travail qu’on a préparé, nous on l’appelle « Ukronia ». Puis, c’est devenu, pour le Festival d’Ile-de-France « La légende perdue ». Pourquoi ? Parce que l’entonnoir de la musique occidentale, petit à petit, de siècle en siècle, a filtré la modalité pour ne travailler que sur l’harmonie, notamment à partir du dix-neuvième siècle. Donc, « La légende de la musique perdue », c’est une façon d’imaginer qu’aujourd’hui, au vingt-et-unième siècle, qu’un pan de la musique savante occidentale aurait conservé des traces de la modalité et voir comment des musiciens savants pourraient collaborer avec des musiciens de musique populaire, qui travaillent sur la musique modale, la micro-tonalité, avec des échelles bien différentes des 12 demi-tons. Pour ce faire, il fallait travailler avec des musiciens qui étaient plus habitués à la musique ancienne qu’à la musique du dix-neuvième, qu’à la musique romantique.

Quand vous parlez de « musique ancienne » …


Erik Marchand : Je parle de musique ancienne savante occidentale, c’est-à-dire pré-baroque, juste avant : Renaissance. Parce que la musique baroque a été le début de la construction harmonique. Juste avant, à la Renaissance, on vivait encore dans une ambiguïté, dans une recherche musicale qui, tantôt, prenait en compte le passé modal de la musique occidentale, tantôt, tendait vers une modernité qui allait se consolider durant la période baroque. Donc, je travaille avec des instruments et des instrumentistes qui sont plutôt des spécialistes de la musique de la Renaissance. Ce sont aussi des gens qui jouent de la musique baroque, bien évidemment, mais, pour ce projet là, on travaille plutôt avec des esthétiques Renaissance.

Ces instrumentistes, ce sont Philippe Le Corf …



Erik Marchand : … qui joue du violone. Le violone, c’est un ancêtre de la contrebasse, c’est une basse de viole avec des cordes sympathiques. C’est l’un des points communs des instruments avec lesquels on travaille sur ce projet : beaucoup sont des instruments à cordes sympathiques. Comme il n’y a pas d’harmonie, on travaille sur des timbres et de la génération d’harmoniques.

Il y a aussi Philippe Foulon …


Erik Marchand : … qui joue de la lyra-viole. Vu de loin, cet instrument est comparable à une viole de gambe. C’est l’un de ses ancêtres. La lyra-viole a aussi énormément de cordes sympathiques. C’est un instrument de la taille d’un violoncelle que l’on utilisait à la Renaissance, notamment dans les îles britanniques.

Enfin, Benjamin Bedouin qui joue du cornet à bouquin …



Erik Marchand : Oui, le cornet à bouquin est un instrument à embouchure, comme la trompette, mais avec des trous, comme un hautbois. Certains sont tordus, en forme de serpent. D’autres sont droits.

Ces trois instrumentistes joueront avec un spécialiste des percussions orientales …


Erik Marchand : … qui ne sera malheureusement pas Keyvan Chemirani parce qu’il s’est cassé le doigt il y a quinze jours et n’a pas pu jouer pour les répétitions. Comme c’est une musique qu’on construit pendant les répétitions, qui se fait vraiment de manière orale, c’est une musique qui n’existe pas, qui n’existera que quand on la jouera. Il était difficile de ne pas être aux répétitions. C’est donc Pierre Rigopoulos, qui est un ami et élève de Keyvan Chemirani, qui le remplace. Il a beaucoup travaillé avec des musiciens de musique ancienne et il joue le zarb et le daf, deux percussions d’origine iranienne.

Enfin, Florian Baron jouera du oud …


Erik Marchand : Oui, Florian Baron est un jeune musicien breton, qui a joué dans le deuxième collectif de Kreiz Breizh Akademi. Il est le fils de Jean Baron, un sonneur de bombarde extrêmement connu, peut-être l’un des plus grands, des plus célèbres. En tout cas, quelqu’un qui a de superbes phrasés dans les thèmes bretons. Florian a entendu cette musique là toute son enfance. Il a eu la bonne idée de ne pas jouer du même instrument que son père. Il a commencé par la guitare et, très rapidement, il s’est tourné vers le oud, qui lui permettait une plus grande subtilité par rapport aux thèmes de la musique bretonne. Il a beaucoup travaillé avec des musiciens syriens et turcs, bien évidemment, mais il a une double culture et son instrument est très innovant pour la musique bretonne.

L'un des projets précédents d'Erik Marchand : un trio avec Titi Robin et Keyvan Chemirani

Tous ces musiciens et vous-même allez travailler sur le répertoire du pays gallo. Où est-ce ?

Erik Marchand : Le pays gallo, c’est l’est de la Bretagne, c’est la région de Bretagne où on parle le français, comme tout le monde, et une langue d’origine romane, le gallo, qui est assez proche du français, surtout dans ses formes littéraires et notamment dans sa forme chantée. Les chansons du pays gallo sont chantées dans un français légèrement régionalisé. La manière de parler est un peu plus complexe, il y a des choses difficiles à comprendre pour un francophone. Quand j’ai commencé à chanter, je chantais beaucoup de répertoire gallo, avec Gilbert Bourdin notamment. J’habite maintenant depuis 1976 en Basse-Bretagne, à Poulawen. Je suis désormais plus connu pour l’interprétation du répertoire de Basse-Bretagne, c’est-à-dire de langue celtique.
Mais là, je renoue avec le répertoire gallo. Pourquoi ? Peut-être, simplement, parce que j’avais envie de me remettre à ce répertoire … Peut-être parce que je pensais que, de par sa langue romane, il était plus facile d’imaginer des points communs entre la musique savante occidentale et cette tradition populaire … Peut-être parce que je pensais que, dans un univers rêvé, il pouvait y avoir plus de relations entre musiques savantes et populaires dans une région où il y avait déjà deux grandes villes, Rennes et Nantes, alors que le Centre-Bretagne est loin de toute influence de la culture dominante occidentale … Même l’aristocratie, chez nous, était très proche de la terre. Alors que, dans le monde du pays gallo, la proximité des grandes villes et cette proximité linguistique fait qu’il y aurait pu y avoir plus de perméabilité entre les cultures …


Ce spectacle, on aura la chance de le découvrir aux Lilas le 30 septembre. Il y aura ensuite une tournée ?

Erik Marchand : Il y aura un concert quelques jours après à Bouguenais, dans la région de Nantes. Puis, une deuxième partie de résidence, où peut-être on invitera un autre musicien, qui aura lieu à Rezé, lieu où est basé Philippe Le Corf avec sa formation, pour les Instants de la Baleinière. Ensuite, on va enregistrer chez Innacor. Les tournées viendront à partir de ce moment là, parce que les programmateurs ne connaissent pas encore ce projet.

Propos recueillis par François Mauger




Pour se rapprocher de l'oeuvre d'Erik, cliquer ICI




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